Eh voilà, 28 ans !! Le téléphone a déjà sonné à 5 heures du matin, ça doit être mamie et le décalage horaire est passé par là, il y a d’ailleurs un message sur le répondeur mais je n’arrive pas à l’écouter depuis l’étranger. On se lève tranquillement et on prend notre premier petit déjeuner : en islande le petit déjeuner est le principal repas de la journée, et un peu comme à l’américaine cela relève plus du brunch que du petit déjeuner que l’on connait. Au menu nombreux fruits, mais aussi du saumon fumé, et d’autres marinés que je n’arrive pas à reconnaitre, pour le reste c’est un traditionnel « continental breakfast » que l’on trouve dans de nombreux hotels. Ce matin ça sera donc « scrambled egg, bacon, orange juice et smoked salmon ».

On prend la route vers la péninsule du Snaefellsnes, la route n°1 est plutôt bonne, et la vitesse limité à 90km/h que je respecte scrupuleusement grâce au système cruise control de notre bolide. La météo est comme hier très couverte, avec de nombreux moments de pluies, cela ne s’améliore pas au fur à mesure que l’on approche de la péninsule, on ne voit même pas les sommets des montagnes. Heureusement la route est fort sympathique avec d’innombrables cascades donnant l’impression que l’ile n’est qu’une casserole qui déborde de toutes parts.

A notre arrivée sous la pluie battantes on pose nos affaires à Budir, ancien village dont il ne reste que son église noire, et l’ancien relais de poste transformé en hotel qui a la réputation d’être le plus beau du pays. De dehors 2 batiments blancs, rectangulaires posés à quelques dizaines de mètres de la plage. A l’intérieur un petit salon magique rappellant l’époque de jules vernes et des explorateurs, une longue vue en cuivre pointée sur l’horizon, des fauteuils confortables qui invitent à la discussion de projet d’excursion vers le volcan voisin, le Snaefellsjoküll, qui est recouvert parait-il d’un des plus beaux glaciers d’islande. C’est d’ailleurs le point de départ de Jules Vernes pour son Voyage au centre de la Terre. La réceptionniste nous déconseille la F570 qui est la route qui permet par temps clair de passer à proximité du sommet du Snaefellsjoküll, un peu déçu nous décidons de faire la route qui longe la côte. On passe par Ytri-tunga, où l’on peut voir des phoques, un vent d’une incroyable intensité nous nettoies les sinus, et au bout de quelques dizaines de mètres sur la plage on rebrousse chemin, les phoques ne sont pas là, probablements qu’ils ont trouvés refuge dans un endroit plus abrités. Toujous motivé on reprend notre route vers Arnarstapi pour se ravitailler en diesel, notre monstre consommant pas loin de 15L au 100km, et la peur de tomber en panne d’essence en pleine montagne on ravitaille dès que l’on croise une station.

Sur la route on croise un 4x4 plus gros que nous qui semble revenir de la F570, on en profite pour leur demander si la route est praticable, ils nous la déconseillent aussi en disant qu’eux voulait la faire mais devant les conditions météo ont fait demi-tour, mais il y aurait un autre chemin de l’autre coté du glacier pour y accéder et ce chemin serait peut etre moins exposé au vent. Enthousiaste de ne pas abandonner l’idée d’approcher ce lieu mythique on part pour cet autre accès.

On commence donc notre ascension en mode 4x4, le vent est assez violent, la pluie battante, mais l’envie étant plus forte on continue notre progression, plus on monte, plus la visibilité devient faible et la brume nous cache complètement la vue du sommet, de rares moments où le brouillard est moins intense nous dévoile des couleurs et un relief magnifique. On apperçoit des petites coulées de glaces qui proviennent surement du glacier, mais la visibilité ne nous permet pas de le voir. Notre route rejoint en fait la F570, que l’on emprunte pour redescendre, à la fois content d’avoir pu traverser notre première F-road (les routes F sont réservés aux 4x4, même pour certaines d’entre elles aux torleidis qui sont d’énormes 4x4 modifiés avec des pneus rappellant les « big foot » américains. L’Islande est un pays où les Rav4 sont les twingos des 4x4, et notre Santa Fé une voiture moyenne) et déçu d’être passé à coté du glacier sans avoir pu le contempler. On redescend vers l’hôtel pour un petit repas amélioré qui fera office d’anniversaire. La carte est savoureuse, je prend un plat de queues de langoustines, Valérie un plat à base d’aubergines cuisinées en petit puit. On se régale. Je suis heureux de passer pour la seconde année consécutive mon anniversaire à l’étranger, quoi de mieux que d’avoir une année de plus en découvrant de nouveaux lieux, de nouvelles populations, même si pour l’instant on a pas vu grand monde en Islande, la saison touristique se terminant il n’y a presque plus personnes dans les hôtels, les locaux sont peu nombreux et disséminés sur l’ile. C’est surtout un voyage avec nous même que l’on réalise.